


LES NOCES DE CANA
Avez-vous déjà pénétré dans la chambre d'une kallah (une fiancée) qui se prépare pour le grand jour, celui de son mariage ? Que cela se déroule dans un palais ou dans une humble chaumière, c'est un tableau des plus charmants. Il y a une telle frénésie, une telle effervescence autour d'elle que l'on ne sait pas où donner de la tête ! Entourée de sa mère, de ses amies ou de ses demoiselles d'honneur, elle est l'objet de tous les soins et de toutes les attentions. On lui fait mille gâteries, on lui adresse mille sourires et entre recommandations et conseils avisés qu'elle écoute d'une oreille distraite, elle semble planer sur un petit nuage. Autour d'elle s'entasse tout ce qu'il y a de délicat pour la circonstance : boîtes magiques d'où s'échappent des soieries, dentelles fines, rubans, robes délicates, parfums capiteux, crèmes, bijoux et d'innombrables objets dont la coquetterie féminine ne saurait se passer.
Maintenant, quittons cette ruche où bourdonnent ces abeilles d'un autre genre et revenons en arrière, il y a quelques deux mille ans à Cana, pour y assister à un mariage dont on parle jusqu'aujourd'hui.
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Le mariage dans le judaïsme
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Dans le judaïsme, le mariage est une mitzvah, un commandement de Dieu qui procure une grande bénédiction à celui qui l'accomplit. La relation entre Dieu et son peuple est une allégorie de l'amour qui unit le fiancé à sa fiancée.
Il était donc naturel que Jésus débute son ministère par un évènement d'ampleur et chargé de symbolisme tel que les noces de Cana. Le récit n'est pas là juste pour attester de la présence de Jésus à ce mariage, mais surtout de ce qui s'est passé : le vin ayant manqué, Jésus transforma l'eau en vin.
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Jésus, l'Epoux attendu​
Le vin est un élément omniprésent dans la Bible. Il symbolise la joie, la liesse et la gaieté. C'est un signe de bénédiction divine, associé aux temps de la fin (ère messianique).​
« Le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Psaume 104,15)
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« Les montagnes ruisselleront de vin nouveau. » (Amos 9,13)​
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Lorsque Marie signale à son fils que les mariés n'ont plus de vin, celui-ci va se rendre aux voeu de sa mère et faire don aux mariés et aux invités présents, d'un cadeau précieux : du vin de qualité et en abondance.
Jésus va agir comme le Messie attendu par Israel et comme l'Epoux qui réjouira le coeur de son Epouse lors des noces finales. (Apocalypse 19:7)​
''Celui qui trouve une femme, trouve le bonheur.'' Proverbes 18:22
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De la loi à la grâce
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Avec ce premier miracle de Jésus, nous sommes à la croisée de la loi et de la grâce. D'ailleurs le texte n'est pas sans nous préciser qu'il y avait là six jarres destinées à la purification des juifs. L'eau était destinée aux ablutions avant la prière ou les repas et le chiffre six, qui est celui de l'Homme, nous parle de son imperfection. Le peuple juif était donc un peuple à part, lavé par l'eau de la parole, mais encore en état d'imperfection et limité par des rites sans cesse renouvelés. En transformant l'eau en vin, Jésus pointait déjà ce qui était ancien et sur le point de disparaître, et ce qui allait le remplacer. Le sang, symbolisée par le vin, annonçait son sacrifice parfait, une alliance nouvelle et éternelle dont il était le dispensateur.
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Tout au long de la Bible, Dieu bâtit une relation particulière avec son peuple et traite avec lui une relation d'amour, de confiance et de fidélité, basée sur sa parole.
En débutant son ministère par un mariage, Jésus confirme l'intention première de Dieu le Père qui désire une Epouse pure et sans tache pour son Fils. Plus qu'un simple invité, il est l'Epoux attendu, qui transforme l'eau en vin, le manque en joie et ce qui est temporel en une éternité glorieuse dans Sa présence. Puissions-nous êtres trouvés dignes d'être conviés aux noces de l'Agneau.​
''Heureux ceux qui sont appelés au festin de noces de l'agneau !'' Apocalypse 19:9
